← Toutes les affaires

Forces de l'ordre → personnes

Saint-Denis : des policiers en civil entrent au lycée pour arrêter un élève ; des personnels dénoncent des coups

Le 15 octobre, des policiers de la BAC en civil entrent au lycée Paul-Éluard pour arrêter un élève ; des personnels dénoncent des coups. Les policiers portent plainte ; le parquet de Bobigny enquête.

Date
15 octobre 2026
Lieu
Lycée Paul-Éluard, Saint-Denis (93)
Contexte
Interpellation
Suite judiciaire
Inconnue

Les violences (2)

  1. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Selon l'élève de seconde que la BAC voulait interpeller, interrogé par France Inter et par le JT de France 2, un policier le « tenait par-derrière, au niveau de la nuque » et le pousse dans l'escalier « en me serrant fort contre les profs » ; à RTL, le même élève dit qu'au début les policiers « ne m'ont pas frappé ni rien » et lui ont demandé d'ouvrir son sac, ce qu'il a fait. La préfecture de police dit que les policiers sont entrés « avec l'accord du chef d'établissement » pour interpeller l'auteur d'un outrage et que l'interpellation s'est faite conformément au code de procédure pénale (flagrant délit) ; selon France 2, les policiers ont finalement renoncé à interpeller l'adolescent face à la mobilisation des personnels. Gravité : celle du geste décrit par l'élève (tenu par la nuque et poussé dans l'escalier), aucune source lue ne décrivant de blessure physique de l'élève.

    Immobilisation / étranglement · Élève de seconde

  2. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Selon la CGT Educ'action 93, citée par franceinfo, des personnels qui se sont interposés devant le bureau ont reçu des coups de policiers en civil et « un collègue a été étranglé » (« saisi à la gorge » dans La Clé républicaine) ; un communiqué de personnels parle de « réactions violentes de la part de la police, y compris des coups contre des collègues » (actu.fr). Off Investigation écrit que, sur les vidéos qu'il a visionnées, « les policiers s'en prennent à plusieurs professeurs, les poussant et leur assénant des coups ». Le parquet de Bobigny rapporte, lui, que les policiers dénoncent des violences de la part des enseignants et qu'ils ont été « pris à partie et bousculés » par une cinquantaine de personnels ; la préfecture de police compte deux policiers blessés. Gravité : celle du geste décrit par la CGT Educ'action 93 (coups, un collègue « étranglé »), aucune source lue ne décrivant de constat médical, d'incapacité de travail ni de plainte des personnels.

    Coups, Immobilisation / étranglement · Enseignants et surveillants du lycée

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

Partager sur X

Image de la scène : Saint-Denis : des policiers en civil entrent au lycée pour arrêter un élève ; des personnels dénoncent des coups

Le jeudi 15 octobre 2026, le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, « l’un des épicentres du mouvement lycéen » (franceinfo), est de nouveau bloqué. Selon la préfecture de police, « près de 300 élèves étaient rassemblés » à proximité du lycée dans la matinée et « plusieurs infractions ont été commises à l’encontre des policiers » : outrages, violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, possession d’un engin incendiaire (actu.fr). Un élève de seconde raconte à RTL que, vers midi, devant le lycée, un policier lui arrache la pancarte qu’il brandit (« On veut bâtir notre avenir, pas le subir ») et la jette ; il reconnaît avoir alors perdu son calme et insulté l’agent. Des policiers cherchent à l’interpeller, il se réfugie dans le lycée. Selon lui, le proviseur l’attrape par le bras, l’emmène dans son bureau, ferme la porte à clé et appelle la police ; des policiers de la BAC arrivent, « au début, ils étaient sympas avec moi. Ils ne m’ont pas frappé ni rien », et lui demandent d’ouvrir son sac, ce qu’il fait (RTL).

Selon la préfecture de police, les effectifs de la BAC entrent dans le lycée « avec l’accord du chef d’établissement », pour « interpeller l’auteur d’un outrage s’étant réfugié dans l’enceinte de l’école » (franceinfo). Le rectorat de Créteil dit que la police « a demandé au proviseur d’entrer », ce que celui-ci « ne peut pas refuser », et qu’il était prévu « d’isoler l’élève » (franceinfo). Des personnels écrivent dans un communiqué que le proviseur « a fait entrer la police pour le faire arrêter » (actu.fr). Devant la porte du bureau, des enseignants et des surveillants se rassemblent, puis s’interposent (La Clé républicaine) ; Off Investigation écrit que professeurs et élèves protestent « pendant au moins une dizaine de minutes » et qu’à l’ouverture de la porte des enseignants s’interposent pour récupérer l’élève. Sur les vidéos qui circulent, des policiers en civil, dont l’un porte un brassard « police », font face à des personnels qui crient « Libérez notre élève ! » (franceinfo).

Selon le reportage du JT de France 2, « des bousculades ont lieu dans l’escalier. Professeurs et policiers en viennent aux mains ». L’élève décrit une scène violente à France 2 : « Il me tenait par-derrière, au niveau de la nuque. Il me pousse dans l’escalier en me tenant, en me serrant fort contre les profs. Oui, si je n’avais pas coopéré, si j’avais essayé de m’enfuir, je comprends, mais là, à aucun moment je n’ai tenté quoi que ce soit. » Les personnels dénoncent une intervention « violente » : la CGT Educ’action 93 qualifie la scène d’« extrêmement brutale » et affirme « qu’un collègue a été étranglé et que plusieurs ont reçu des coups » (franceinfo) ; Off Investigation, qui a visionné des vidéos, écrit que « les policiers s’en prennent à plusieurs professeurs, les poussant et leur assénant des coups ». Des personnels cités par l’AFP accusent aussi les policiers d’avoir commencé « à charger, à gazer, à insulter, à frapper » des lycéens comme des adultes venus s’interposer (Actu17) : accusation générale, qui n’est pas retenue comme fait.

La préfecture de police décrit l’inverse : les policiers ont été « empêchés par des professeurs » et ont préféré « se retirer afin de rétablir le calme » (franceinfo) ; elle compte quatre interpellés au total et deux policiers blessés, l’un d’un coup de poing au visage, l’autre d’un coup de pied dans la tête, qui ont déposé plainte (actu.fr, Actu17). Selon le parquet de Bobigny, « à la sortie du bureau, les policiers ont été pris à partie et bousculés par une cinquantaine d’enseignants et personnels qui les ont empêchés de quitter le lycée avec le mineur interpellé » ; ils ont décidé de le libérer pour « pouvoir sortir en sécurité » (actu.fr). Le garçon est rentré chez lui et n’a pas été interpellé (franceinfo).

Suites

Le parquet de Bobigny ouvre une enquête de flagrance pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » : « les policiers dénoncent la commission de violences à leur égard de la part des enseignants présents et ont déposé plainte. Ils seront prochainement examinés par un médecin » ; selon le procureur, « trois suspects » ont été arrêtés et un quatrième a « pris la fuite à l’intérieur de l’établissement » ; la préfecture avait d’abord annoncé quatre interpellations (franceinfo, actu.fr). Cette enquête porte sur les faits dénoncés par les policiers ; aucune source lue ne mentionne une plainte des personnels ni une enquête sur leurs accusations. Le lycée est fermé jeudi après-midi et le reste vendredi, les cours se tenant à distance (rectorat, franceinfo) ; les personnels réclament le départ du proviseur (actu.fr, La Clé républicaine).

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.