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À Marseille, charge des CRS sur un sit-in au lycée Marie-Curie selon les enseignants ; un lycéen blessé à la tête

Le 7 octobre à Marseille, enseignants et élèves du lycée Marie-Curie dénoncent une charge des CRS sur un sit-in pacifique. La préfecture invoque des mortiers ; un lycéen est blessé à la tête.

Date
7 octobre 2026
Lieu
Lycée Marie-Curie, Marseille (13)
Contexte
Blocus de lycée
Suite judiciaire
Enquête en cours

Les violences (2)

  1. Forces de l'ordre → personnesContestéBlessure légère

    Selon un communiqué des enseignants et des élèves du lycée, repris par ICI, France 3, 20 Minutes et La Provence, une cinquantaine de CRS arrivent (vers 9 h 30 selon France 3, qui rapporte leur récit) devant un blocus pacifique ; les enseignants forment une chaîne humaine entre les policiers et les élèves, tous s'asseyent au sol, puis la charge est ordonnée : enseignants piétinés, un collègue frappé d'un coup de matraque dans les côtes, gaz lacrymogène et, selon eux, une grenade de désencerclement sur les élèves. Sur des vidéos recueillies par Marsactu, les CRS dispersent des lycéens et étudiants assis au sol en les frappant à coups de matraque et en les gazant. La préfecture de police affirme au contraire que les CRS sont intervenus pour débloquer l'accès et la voie publique, qu'ils ont d'abord essuyé des tirs de mortiers des manifestants, puis fait plusieurs sommations avant d'utiliser du gaz lacrymogène, et qu'« aucune grenade d'une autre nature n'a été utilisée » ; selon Marsactu, personne sur place ne confirme avoir entendu de sommation. Gravité : au moins deux élèves sont blessés selon les marins-pompiers (France 3), dont celui du fait suivant ; un enseignant cité par ICI parle d'une élève « étourdie ».

    Coups, Gaz / matraquage · Enseignants et élèves du lycée (nombre inconnu)

  2. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Un lycéen est blessé à la tête pendant la dispersion : « avec beaucoup de sang sur son crâne » selon un enseignant cité par ICI, qui parle aussi d'une élève étourdie ; les marins-pompiers de Marseille confirment être intervenus « pour un blessé au crâne parmi les manifestants » et pour un feu de poubelle, et l'ont transporté à l'hôpital ; La Provence écrit qu'il est hospitalisé. La préfecture confirme qu'un lycéen a été blessé à la tête et dit que « les circonstances de cette blessure sont inconnues ». Marsactu écrit, d'après les vidéos recueillies, qu'un élève a été matraqué par les CRS. Le 8 octobre, France 3 (ICI Provence-Alpes) décrit plusieurs vidéos de la scène : sur l'une, un policier armé d'une matraque frappe un homme habillé en noir, qui chute à terre ; sur d'autres, un CRS saisit le manifestant par le col pendant qu'un autre, après avoir pris son élan, lui assène un coup de matraque (arrêt sur image : le policier saute en l'air avant d'abattre sa matraque). Le lycéen dit avoir reçu un coup de matraque dans la tête après des coups de bouclier, et avoir reçu six points de suture à la tête (France 3). Gravité : blessure au crâne, transporté à l'hôpital par les marins-pompiers, six points de suture ; ICI le rencontre à la sortie de l'hôpital. Marsactu écrit qu'il « a dû être hospitalisé » et La Provence titre sur « un élève hospitalisé », alors que son article dit qu'il a été transporté aux urgences : le niveau suit ces informations plus précises. Aucune ITT n'est rapportée à ce stade.

    Coups · Lycéen mineur

Manquements aux règles

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

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Le mercredi 7 octobre 2026, jour de « temps de démocratie interne » annoncé par le Premier ministre, un blocus des élèves empêche l’accès au lycée technologique Marie-Curie, dans le 5e arrondissement de Marseille, depuis 7 h 30. Selon La Provence, il se déroule dans le calme, sans feu de poubelle ni pétard : les élèves ont posé des conteneurs devant l’entrée et organisent un sit-in devant les grilles, rejoints par une partie de leurs professeurs. Vers 9 h, les CRS interviennent.

Les enseignants et les élèves décrivent, dans un communiqué cité par ICI, France 3, 20 Minutes et La Provence, un rassemblement « totalement pacifique » : les professeurs, assis, forment une chaîne humaine entre les policiers et les élèves, tous se mettent au sol « en signe de détermination mais également d’action non-violente », puis la charge est ordonnée. Un enseignant d’histoire dit à ICI que la chaîne a été piétinée, qu’un collègue a reçu un coup de matraque et que plusieurs ont été chassés par la force ; une enseignante de français dit à La Provence : « On s’est fait piétiner […]. Il ne se passait rien, tout était calme. » Une élève dit à ICI Provence-Alpes n’avoir entendu qu’une sommation sous la pluie (France 3) ; La Provence écrit que les CRS ont chargé « après une sommation » ; Marsactu écrit que personne sur place ne confirme en avoir entendu.

La préfecture de police donne une autre chronologie : environ cent personnes, certaines le visage dissimulé, ont bloqué le lycée et la voie publique ; les CRS sont venus débloquer l’accès ; ils ont « essuyé des tirs de mortiers d’artifice de la part des manifestants », puis fait plusieurs sommations, et utilisé du gaz lacrymogène pour disperser ; « aucune grenade d’une autre nature n’a été utilisée ». Ces tirs et les CRS blessés font l’objet d’une affaire liée. La Provence écrit, de son côté, que le blocus se déroulait sans pétard avant la charge : les deux récits ne sont pas conciliés.

Un lycéen est blessé à la tête : « beaucoup de sang sur son crâne » selon un enseignant, deux élèves blessés selon le communiqué des enseignants ; les marins-pompiers confirment l’intervention pour un blessé au crâne et un feu de poubelle, et la préfecture confirme la blessure en disant en ignorer les circonstances. Un lycéen présenté comme l’auteur de tirs de mortier est interpellé (préfecture, via ICI, France 3 et La Provence). Les enseignants annoncent qu’ils ne reprendront pas le travail et appellent à se mobiliser le lendemain. Aucune plainte ni saisine de l’IGPN ne sont rapportées dans les articles lus au 2026-10-07 ; l’article de Marsactu n’a pu être lu qu’en partie (accès réservé aux abonnés).

Suites

Le 8 octobre, le parquet de Marseille confirme à l’AFP avoir ouvert une enquête pour « violences volontaires » après la blessure à la tête d’un élève lors de la charge ; selon La Provence, citée par Marsactu, l’enquête est confiée à l’IGPN (Marsactu). Actu Marseille (9 octobre) écrit que l’enquête est ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et avec arme » et que l’IGPN est saisie, en parlant d’un adolescent de 17 ans blessé à la tête, « apparemment par un coup de matraque » (actu Marseille).

Le 9 octobre, selon France 3 (ICI Provence-Alpes), le lycéen est auditionné par l’IGPN dans le cadre de l’enquête pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et avec arme » puis tient une conférence de presse avec ses professeurs et ses avocats. Il raconte : « Les CRS ont commencé à nous charger et à nous mettre des coups de boucliers, des coups de pied. On est partis en courant pour éviter les coups, un CRS m’a attrapé et un autre derrière m’a mis un coup de matraque » ; il a reçu six points de suture à la tête. Son avocat dit qu’une plainte a été déposée ce matin-là, après un appel de l’IGPN qui a contacté les responsables légaux de l’adolescent pour les inciter à la déposer, que « le procureur de la République n’avait pas d’autre choix car la vidéo circulait partout […] et c’était accablant pour le policier mis en cause », et que « les CRS auraient fait une première sommation », alors que le délit n’est constitué, selon lui, qu’à partir de deux sommations (propos de l’avocat). Le lycéen précise que l’extincteur visible sur la vidéo appartenait à un camarade, qui l’avait pour éteindre un éventuel feu, le lycée en ayant donné aux élèves. Il attend d’être examiné par un médecin légiste : aucune ITT n’est rapportée à ce stade. Aucune mise en cause d’un policier n’est rapportée. Selon l’avocat, plusieurs témoins disent ne pas avoir vu le numéro d’identification (RIO) du CRS ; l’avocat demande à l’auteur du coup de se faire connaître des autorités.

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.