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Forces de l'ordre → personnes

À Lens, un lycéen de 15 ans perd une main, arrachée par une grenade près du lycée Auguste-Béhal

Le 5 octobre, une grenade explose dans la main d'un lycéen de 15 ans, amputé. Le parquet juge le tir conforme ; l'adolescent conteste avoir ramassé la grenade et porte plainte. IGPN saisie.

Date
5 octobre 2026
Lieu
Lycée Auguste-Béhal (abords, rue Alexander-Fleming), Lens (62)
Contexte
Blocus de lycée
Suite judiciaire
Enquête en cours

Les violences (2)

  1. Forces de l'ordre → personnesÉtabliMutilation

    Lors de la dispersion d'un rassemblement lycéen par les CRS, une grenade explose dans la main d'un adolescent de 15 ans, qui la perd ; le préfet confirme que le lycéen « a vu sa main être arrachée ». La blessure est établie ; la gravité (main arrachée) vient du préfet. L'amputation de la main gauche, d'abord rapportée le 6 octobre par un élu local cité par l'AFP (franceinfo), est confirmée le 14 octobre par l'avocat de l'adolescent, qui parle aussi d'une main droite « abîmée » et d'autres parties du corps touchées (franceinfo). Le type de grenade a d'abord été discuté (désencerclement selon France 3, assourdissante selon une source proche du dossier citée par ICI) ; le télégramme du directeur général de la police nationale du 6 octobre, cité par Actu17, vise « la grenade ASSD (marque Alsetex) projetée par lanceur » et le ministre de l'Intérieur dit qu'il existe une « possibilité forte » que la blessure ait été provoquée par ce type d'arme, tout en maintenant que les circonstances restent à établir. Qui a lancé la grenade et dans quelles circonstances est disputé : selon le procureur de Béthune (communiqué du 9 octobre), le tir, fait par un CRS habilité qui a agi sur ordre, s'est fait « conformément au mode opératoire préconisé », la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres), a atterri au sol et l'un des manifestants s'en est emparé jusqu'à ce qu'elle explose, ce que « l'ensemble des témoignages, à l'exception d'un seul » disent ; l'adolescent conteste formellement avoir ramassé la grenade (son avocate, 10 octobre) ; selon des lycéennes témoins, « Il ne l'a pas ramassé, il l'a reçue sur sa main » ; une vidéo amateur authentifiée par franceinfo (7 octobre) montre la grenade atterrir aux pieds de deux adolescents et un troisième se pencher vers elle, sans permettre de voir s'il l'a ramassée.

    Grenade · Lycéen, 15 ans

  2. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Selon une lycéenne citée par ICI, les élèves qui voulaient bloquer le lycée ce matin-là sont gazés « alors qu'on n'a rien fait de mal », avant la blessure de leur camarade. Gravité : celle du geste décrit (élèves gazés), aucun effet du gaz n'étant décrit.

    Gaz / matraquage · Lycéens

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

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Image de la scène : À Lens, un lycéen de 15 ans perd une main, arrachée par une grenade près du lycée Auguste-Béhal

Le lundi 5 octobre 2026 au matin, la mobilisation lycéenne reprend dans le Nord et le Pas-de-Calais, avec des rassemblements aux abords des lycées Condorcet et Auguste-Béhal de Lens. Les CRS dispersent les jeunes avec du gaz lacrymogène et des grenades (ICI). Rue Alexander-Fleming, à quelques centaines de mètres du lycée Béhal, une grenade explose dans la main d’un adolescent de 15 ans (France 3, ICI).

Le préfet confirme qu’un lycéen a été « blessé gravement au cours d’une manifestation » et qu’« il a vu sa main être arrachée ». Le jeune homme est transporté en urgence à l’hôpital. Le préfet évoque « un groupe de lycéens, 150 à 200, qui ont projeté toute une série de choses sur la police » (France 3) : propos trop généraux (ni lieu, ni moment, ni lien décrit avec la scène de la grenade, aucune blessure de policier rapportée), donnés ici comme simple contexte. Devant la presse, le même jour, le préfet décrit « un regroupement de 200, 250 lycéens » qui ont projeté sur les policiers « des pierres, des feux d’artifice, des mortiers » et dit que « c’est dans ce cadre que cet événement a eu lieu » (franceinfo) : chiffre et description différents de ceux cités par France 3, même réserve.

Selon une lycéenne citée par ICI, les élèves avaient « commencé à se faire gazer alors qu’on n’a rien fait de mal » en voulant bloquer le lycée. Une autre, qui se trouvait à côté de lui, raconte : « D’un seul coup, il a reçu quelque chose vers sa main et ça a explosé. J’ai vu sa main exploser. » Les circonstances sont disputées. Selon une source policière citée par Horizon Actu, l’adolescent aurait ramassé une grenade lancée par les CRS, qui aurait alors explosé. L’auteur du lancer n’est pas établi. Des lycéennes témoins affirment le contraire : « Ils l’ont envoyée sur nous », « il l’a reçu dans la main et d’un seul coup, ça a explosé dans sa main » (France 3) ; « Il ne l’a pas ramassé, il l’a reçue sur sa main » (ICI).

Suites

L’IGPN est saisie ; le procureur veut que « toute la lumière soit faite » sur cette blessure (France 3). Lors d’une conférence de presse, le procureur de la République de Béthune confirme l’ouverture d’une enquête de l’IGPN et dit ne pas pouvoir établir formellement si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a été jetée sur lui (franceinfo). Le ministère de l’Intérieur compte cette enquête parmi dix confiées à l’IGPN depuis le début du mouvement (ICI, 05/10 au soir). Selon ICI (vérification Radio France, 05/10 au soir), le procureur a saisi l’IGPN « du délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente ». Une source proche du dossier dit à ICI Nord qu’il s’agit d’une grenade « assourdissante », là où France 3 écrit « désencerclement » : le type exact de grenade n’est pas tranché par les sources. Le lycéen a été transporté à l’hôpital de Lille (ICI). Au 2026-10-05, aucune mise en cause d’un policier ni plainte de la famille n’était rapportée dans les sources lues (état aux 6 et 7 octobre, puis du 9 au 14 octobre : voir plus bas).

Le 6 octobre, selon un élu local cité par l’AFP (franceinfo), l’adolescent, opéré la veille, a été amputé de la main gauche ; le même élu évoque aussi une greffe à l’autre main et des plaies au visage et au thorax, sans autre précision médicale. Le procureur de Béthune dit le soir du 6 octobre que « les premiers éléments de l’enquête établissent que plusieurs grenades ont été utilisées le matin des faits après sommations pour disperser l’attroupement, alors que les CRS essuyaient des tirs de projectiles et que des poubelles étaient incendiées : grenades lacrymogènes, puis au moins une grenade assourdissante » ; aucune plainte n’est déposée à ce stade et « les auditions se poursuivent » (Actu17). Selon des sources proches de l’affaire citées par Actu17, le lycéen aurait saisi l’engin après son lancer ; un témoin interrogé par France 3 donne une autre version : la grenade serait directement tombée dans sa main. L’enquête de l’IGPN doit établir s’il l’a ramassée ou si elle est retombée sur lui, et si l’emploi de la grenade était conforme à la réglementation.

Le 6 octobre, un télégramme du directeur général de la police nationale suspend « à titre conservatoire » l’usage de la grenade ASSD projetée par lanceur, dans le cadre du mouvement lycéen uniquement et le temps que les circonstances de la blessure soient établies ; le ministre de l’Intérieur l’annonce publiquement le 7 octobre sur RTL (Actu17). Un syndicat de police dénonce cette suspension (communiqué cité par Actu17). Le ministre indique l’IGPN saisie de dix-huit enquêtes depuis le début du mouvement (franceinfo, 07/10).

Le 7 octobre, franceinfo (Radio France) publie une courte vidéo amateur qu’elle a authentifiée : la grenade assourdissante y atterrit au sol, aux pieds de deux adolescents, et un troisième adolescent, derrière eux, se penche « main en avant » vers le projectile avant de sortir du champ ; on entend ensuite une détonation. Selon franceinfo, la vidéo ne permet pas d’affirmer qu’il a ramassé la grenade, mais elle semble contredire le récit des témoins selon lesquels la grenade serait tombée directement sur sa main ; elle n’était pas encore en possession des enquêteurs de l’IGPN. Le procureur de Béthune confirme à franceinfo qu’un CRS qui avait le lance-grenades a été entendu, pour l’instant comme témoin : il était habilité à tirer, mais l’enquête doit déterminer s’il est le seul à avoir lancé une grenade assourdissante ce jour-là, si le tir était autorisé, proportionné et légitime.

Le 9 octobre, dans un communiqué, le procureur de Béthune indique que la mère de l’adolescent, entendue la veille, a « déposé plainte pour les blessures subies par son fils », que l’adolescent est « toujours hospitalisé » et sera entendu dès que le corps médical l’autorisera. Selon les premiers éléments de l’enquête de l’IGPN, le tir s’est fait « conformément au mode opératoire préconisé » et le CRS « qui a lancé cette grenade et pour lequel il est habilité a agi sur ordre de l’autorité de commandement » ; « il n’existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l’explosion de la grenade » ; « l’ensemble des témoignages (…) à l’exception d’un seul convergent sur le fait que la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres) et qu’elle a atterri au sol avant que plusieurs manifestants ne s’en rapprochent et que l’un d’entre eux ne s’en empare jusqu’à ce qu’elle explose » (franceinfo avec AFP). L’enquête cherche toujours à établir si le lycéen a ramassé la grenade ou si le projectile a atterri sur lui.

Le 10 octobre, l’avocate de l’adolescent et de sa famille écrit dans un communiqué envoyé à ICI Nord que son client « conteste formellement la version des faits retenue par le parquet : il dément avoir ramassé la grenade qui a explosé et nie toute participation à des violences » ; la famille « s’étonne de voir la version policière déjà soutenue par le procureur, alors même qu’[il] n’a pas encore été entendu par la police » (franceinfo avec ICI Nord).

Le 14 octobre, lors d’une conférence de presse à Lille avec la Ligue des droits de l’homme, son avocat annonce que l’adolescent a déposé plainte « pour des faits de nature criminelle », pour « violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente », avec constitution de partie civile : selon franceinfo, cela signifie qu’un juge d’instruction peut être directement saisi pour ouvrir une information judiciaire, alors qu’une plainte « simple » déclenche une enquête de police ; aucune information judiciaire n’est rapportée à cette date. L’adolescent a été « longuement entendu » le 13 octobre par l’IGPN à l’hôpital où il est toujours hospitalisé ; l’avocat le dit dans un « état de santé très compliqué », amputé de la main gauche, la main droite « abîmée » et « touché à d’autres parties de son corps », et parle de blessures qui « s’apparentent à des blessures de guerre ». Sa version des faits : le 5 octobre, l’adolescent se rend à son lycée, le découvre bloqué, ramasse « des débris d’engins pyrotechniques pour présenter à sa mère des preuves concrètes de sa présence et de l’intervention policière » ; peu après, une explosion se produit, à sa gauche alors qu’il est droitier, et il se met à courir « sans prendre conscience qu’il avait la main arrachée » avant de s’effondrer. L’avocat déclare : « Nous avons été choqués de voir que le parquet prenait fait et cause pour la version policière » ; il ajoute que « l’enquête ne fait que commencer » (franceinfo). Les deux versions s’écrivent : celle du parquet (tir conforme ; selon l’ensemble des témoignages sauf un, un manifestant s’est emparé de la grenade, l’enquête cherchant toujours à établir s’il s’agit du lycéen) et celle de l’adolescent (il ne l’a pas ramassée ; il a ramassé des débris) ; la vidéo authentifiée par franceinfo ne tranche pas.

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.