Le vendredi 2 octobre 2026, le député LFI de la Haute-Garonne Hadrien Clouet publie sur les réseaux sociaux une vidéo, qu’il présente comme montrant un policier toulousain, dont le numéro d’identification (RIO) serait dissimulé, déclarer « J’en ai éborgné trois » alors qu’il appuierait sur les blessures d’un enfant ou d’un adolescent (Anadolu, 03/10). Il écrit : « Aucun dégénéré qui rêve de torturer des gosses n’a sa place dans la police » et dit avoir saisi le procureur de la République.
D’après Anadolu, la vidéo montre des policiers auprès d’un jeune qui indique avoir mal ; selon des publications relayant les images, l’un des policiers aurait reconnu ne pas porter de RIO. Anadolu précise que ces éléments « n’ont toutefois pas été établis indépendamment ». Dans la version de la vidéo reprise dans une compilation vue pour cette fiche, un jeune au visage flouté est assis sur un trottoir, entouré de policiers cagoulés et équipés, avec des sous-titres ajoutés par un tiers et la mention « Toulouse 02 octobre » ; ces ajouts ne sont pas une source.
La vidéo originale, publiée par le député (30 secondes, format vertical), a été revue pour cette fiche. Elle montre, dans une rue résidentielle bordée de pavillons et de palmiers, plusieurs policiers casqués et cagoulés, certains en gilet « POLICE », autour d’un jeune assis ou allongé au sol dont le visage est flouté ; un monospace sombre est garé à proximité. Des sous-titres ajoutés en postproduction affichent « Et ton RIO il est où ? » et « À l’heure ! ». Aucun nom de lycée, de rue ou d’enseigne n’est lisible, et les images ne permettent pas de voir une blessure. Le 3 octobre, un internaute a repris la vidéo en transcrivant l’échange ainsi : « — J’en ai éborgné 3 ! — Il est où votre RIO ? — J’en ai pas ! Et alors ? Tu vas faire quoi ? », et cite une décision du Conseil d’État sur le port du RIO ; cette transcription est celle de son auteur, et aucune source lue ne relie cette décision à cette scène.
Au 4 octobre, ni le parquet de Toulouse, ni l’IGPN, ni la préfecture n’avaient communiqué sur l’authenticité des images ni sur une éventuelle enquête (Anadolu). Aucun média rapportant sa propre vérification n’a été trouvé (recherches du 4 octobre).
Ce qui manque pour confirmer
- La date et le lieu précis du tournage : seuls la ville (selon le député et Anadolu) et le jour de publication du message sont connus ; la vidéo originale ne montre ni lieu ni date lisibles, et l’incrustation « 02 octobre » d’une compilation n’est pas une source.
- Le lien établi avec le mouvement lycéen : les sources lues l’affirment, rien n’est montré (lycée, blocus) ; l’âge du jeune est inconnu.
- La confirmation de l’authenticité de la vidéo, de ce qui est dit et par qui : aucune autorité ni média n’a vérifié ; la phrase est rapportée par le député.
- La nature et la gravité de la blessure du jeune : aucune source ne la décrit (le jeune dit seulement avoir mal) ; les sous-titres de la compilation évoquent un bras cassé, sans confirmation.
- Une seconde source indépendante : seule l’agence Anadolu, qui relaie le message du député, a été trouvée (deux articles du même média).
