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À Belfort, un policier en civil roué de coups près d'un lycée après l'interpellation contestée d'un adolescent

Le 2 octobre à Belfort, un policier en civil est frappé à la tête par un groupe. Cinq lycéens mineurs sont mis en examen ; le 14 octobre, le seul détenu est libéré sous contrôle judiciaire.

Date
2 octobre 2026
Lieu
Lycée Gustave-Courbet (abords), Belfort (90)
Contexte
Blocus de lycée
Suite judiciaire
Information judiciaire

Les violences (2)

  1. Manifestants → personnesÉtabliBlessure grave

    Un policier en civil est poursuivi par un groupe, jeté au sol, frappé à coups de poing à la tête puis de pied au crâne ; le procureur de Belfort décrit les faits, filmés, et ouvre une enquête pour tentative d'homicide volontaire. Selon le ministre de l'Intérieur, il perd connaissance et est hospitalisé ; le procureur parle le 4 octobre d'une « très brève perte de connaissance » (StreetPress) et d'une incapacité totale de travail de huit jours (ICI). Le 4 octobre, le parquet ouvre une information judiciaire pour violences volontaires contre un fonctionnaire de police visant deux lycéens mineurs et X (franceinfo, ICI) ; Europe 1 parle de violences aggravées. L'un des deux mineurs reconnaît en garde à vue avoir porté deux coups de pied au policier ; le parquet requiert sa détention provisoire, ordonnée ensuite d'après macommune.info (05/10) ; le 14 octobre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon infirme cette détention et le remet en liberté sous contrôle judiciaire (ICI, Actu17).

    Coups · Policier en civil

  2. Manifestants → biensAlléguéDégâts mineurs

    Le jeune a été interpellé car, selon le procureur, il était suspecté d'avoir débuté un incendie sur la zone herbeuse près du lycée ; le ministre de l'Intérieur dit qu'il était à l'origine de jets de projectiles, ce que conteste un jeune témoin (France 3), selon qui un autre avait tiré un mortier.

    Incendie · Zone herbeuse près du lycée (étendue non précisée)

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

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Image de la scène : À Belfort, un policier en civil roué de coups près d'un lycée après l'interpellation contestée d'un adolescent

Le vendredi 2 octobre 2026 vers 9 h 15, aux abords du lycée Gustave-Courbet de Belfort, un policier en civil venait d’interpeller un jeune homme, qu’il avait isolé de la foule jusqu’à un cours d’eau, parce que celui-ci était, selon le procureur, « suspecté d’avoir débuté un incendie sur la zone herbeuse » près du lycée (franceinfo). Le ministre de l’Intérieur a dit que le jeune était « à l’origine de jets de projectiles » ; un jeune témoin interrogé par France 3 le conteste. Selon le procureur de la République de Belfort, cité par franceinfo, il est alors poursuivi par « une horde d’individus particulièrement agressifs » : l’un d’eux le fait chuter en arrière, un individu lui assène plusieurs coups de poing à la tête, un autre lui frappe le crâne à coups de pied. La scène a été filmée et largement diffusée (franceinfo, Le JDD).

Des renforts de police dispersent le groupe et portent secours au policier, qui a été « hospitalisé après avoir perdu connaissance » selon le ministre de l’Intérieur ; c’est cet élément (perte de connaissance et hospitalisation) qui fonde la gravité retenue. Son état « n’inspire plus d’inquiétude majeure » et, selon une source policière citée par franceinfo le 3 octobre, il souffre de « traumas superficiels ». Orange écrit le 4 octobre qu’il a pu sortir de l’hôpital dans la journée du 2 octobre ; selon ICI, le procureur indique que le policier s’est vu prescrire huit jours d’incapacité totale de travail.

Des vidéos de l’interpellation, tournées juste avant et authentifiées par le procureur (franceinfo), font l’objet d’une contestation sur la conduite de l’interpellation ; elle est décrite dans l’affaire liée, la présente fiche ne traitant que des coups portés au policier.

Suites

Le 2 octobre, le parquet de Belfort ouvre une enquête pour tentative d’homicide volontaire (franceinfo). Plusieurs participants ont été « formellement identifiés » ; le 4 octobre au matin, le procureur annonce deux nouvelles interpellations et gardes à vue (franceinfo, mis à jour). Le 4 octobre, en conférence de presse, il annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour violences volontaires contre un fonctionnaire de police visant ces deux lycéens mineurs, ainsi que contre X pour identifier les autres participants (franceinfo, ICI). Le plus âgé, que le policier avait tenté d’interpeller dans le ruisseau, a reconnu en garde à vue deux coups de pied, des jets de cailloux sur les policiers le jour même et des dégradations les jours précédents, dit le procureur ; il encourt dix ans de prison selon le procureur, qui a requis sa détention provisoire (ICI). Le plus jeune a reconnu avoir été au contact du groupe et avoir voulu porter un coup de pied en le « déviant à la dernière seconde » ; le procureur dit que l’exploitation des vidéos contredit cette version, et le parquet requiert contre lui un contrôle judiciaire strict avec placement dans un établissement de la protection judiciaire de la jeunesse hors du département (franceinfo, ICI). Les décisions des juges, inconnues au 4 octobre, sont rapportées le 5 octobre (voir ci-dessous).

Le chef d’accusation a été modifié par le parquet : de tentative d’homicide volontaire (2 octobre) à violences volontaires contre un fonctionnaire de police (information judiciaire du 4 octobre).

StreetPress a reconstitué la séquence le 4 octobre. Selon deux professeurs présents, le blocus, d’abord « bon enfant », avait dégénéré dans la demi-heure précédente : jets de pétards, tentative d’incendie d’un véhicule (contexte rapporté par ces professeurs, sans lien décrit avec l’interpellation), puis charges et grenades lacrymogènes des CRS. Quelques minutes après l’interpellation, plusieurs coups de poing et au moins cinq coups de pied sont portés à la tête du policier, dont deux par le lycéen que le policier avait interpellé dans le ruisseau et qui s’était enfui, selon le procureur (aveu en garde à vue, voir plus haut), qui évoque « une très brève perte de connaissance » et un état qui « ne présente pas de gravité particulière ».

Le 5 octobre, macommune.info rapporte que les deux mineurs, mis en examen le dimanche 4 octobre à l’issue de leur garde à vue, ont fait l’objet de décisions différentes : le lycéen de 17 ans a été placé en détention provisoire, celui de 15 ans sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de participer à une manifestation et de porter une arme. Le procureur, lui, avait écarté la qualification de tentative de meurtre faute d’éléments suffisamment probants à ce stade.

Le 7 octobre, franceinfo (d’après l’AFP) rappelle que le lycéen de 17 ans, mis en examen pour « violences aggravées » sur le policier, est incarcéré et que son avocat a fait appel du placement en détention provisoire ; sa plainte pour « tentative de meurtre » contre le policier fait l’objet d’une enquête distincte du parquet de Vesoul, confiée à l’IGPN (voir l’affaire liée).

Le 8 octobre, trois autres lycéens mineurs, interpellés le mercredi 7, ont été déférés puis mis en examen pour « violences commises lors d’une manifestation sur la voie publique sur un fonctionnaire de la police nationale, ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas huit jours », aggravées par la réunion et la dissimulation volontaire du visage (délit passible de dix ans d’emprisonnement), et placés sous contrôle judiciaire (couvre-feu, interdiction de manifester et de porter une arme) conformément aux réquisitions du parquet, selon le procureur cité par Actu17. D’après ce compte rendu, l’un a reconnu en garde à vue trois coups de poing portés au policier à terre, en disant ignorer qu’il était policier ; un autre a admis un coup de pied à la tête ; le troisième est soupçonné d’avoir utilisé contre le policier une bombe lacrymogène ramassée au sol (selon Actu17, les vidéos montrent le jet dirigé vers le policier alors inconscient), ce qu’il conteste : il dit avoir appuyé « sans direction précise ». Cinq adolescents sont désormais mis en examen, soit le nombre de suspects recherchés pour avoir frappé le policier. L’appel du placement en détention provisoire du premier lycéen sera examiné le 14 octobre par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon.

Le 14 octobre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon infirme l’ordonnance de placement en détention provisoire du lycéen de 17 ans, incarcéré depuis dix jours, malgré les réquisitions du parquet général ; il reste mis en examen et est placé sous contrôle judiciaire strict : obligation de rester à son domicile de 19 h 30 à 7 h, interdiction de prendre part à une manifestation, de s’exprimer sur les réseaux sociaux et d’entrer en contact avec les quatre autres mineurs mis en examen (Actu17 ; ICI). Le parquet général dit, dans un communiqué cité par Actu17, ne pas entendre exercer de recours contre cette décision. Les cinq mineurs mis en examen sont désormais tous sous contrôle judiciaire (Actu17, ICI). Devant la cour d’appel, l’avocat du lycéen dit qu’« il n’aurait jamais dû aller en prison » et accuse le procureur de Belfort d’avoir fait incarcérer son client « pour masquer le scandale de la tentative de noyade de ce jeune par un fonctionnaire de police » (voir l’affaire liée) ; le procureur, sollicité par ICI, n’a pas souhaité réagir. Environ 200 personnes, en majorité des lycéens, s’étaient rassemblées devant le tribunal de Besançon en soutien au lycéen (ICI, Actu17).

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.