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Forces de l'ordre → personnesPoliciers en civil parmi les manifestants

Belfort : un policier en civil accusé de tentative de noyade sur un lycéen et d'avoir gazé une médecin

Le 2 octobre à Belfort, des vidéos montrent un policier en civil interpellant un lycéen dans une rivière : tentative de noyade dénoncée, démentie par le procureur. Une médecin dit avoir été gazée.

Date
2 octobre 2026
Lieu
Lycée Gustave-Courbet (abords), Belfort (90)
Contexte
Blocus de lycée
Suite judiciaire
Enquête en cours

Les violences (2)

  1. Forces de l'ordre → personnesContestéAtteinte à la vie

    Des vidéos tournées juste avant, authentifiées par le procureur, montrent le policier interpellant un jeune dans la rivière, le visage près de l'eau. Selon des internautes et un député, il a tenté de le « noyer » ; le procureur dément toute tentative de noyade : le jeune a été agenouillé, menotté puis relevé, et « est en bonne santé ». Le 4 octobre, le procureur ajoute que le jeune a été « plaqué face contre l'eau » pendant l'arrestation, dans un ruisseau de « dix-neuf centimètres en son endroit le plus profond », et affirme que le lycéen, confronté aux images en garde à vue, a reconnu que le policier procédait à son interpellation et n'avait pas tenté de le noyer (franceinfo, ICI, La Libre). L'avocat du lycéen affirme que sa tête a été immergée, accuse le procureur de vouloir « renverser le narratif » et indique qu'une plainte pour tentative de meurtre et complicité par instigation est déposée, visant le policier et, selon France 2, le ministre de l'Intérieur ; le procureur dit ne pas en avoir connaissance (franceinfo, ICI, Orange). Le 7 octobre, le parquet de Vesoul confirme la plainte pour « tentative de meurtre », dépaysée de Belfort, et annonce une enquête confiée à l'IGPN (franceinfo, d'après l'AFP).

    Autre · Jeune interpellé

  2. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Selon une médecin, venue porter secours au policier blessé après avoir annoncé sa qualité, le second policier en civil l'asperge de gaz lacrymogène sans sommation ; son récit est confirmé à StreetPress par deux adultes présents et plusieurs élèves. Gravité : celle du geste décrit (médecin aspergée de gaz lacrymogène), aucun effet du gaz n'étant décrit.

    Gaz / matraquage · Médecin, venue porter secours

Policiers en civil parmi les manifestants

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

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Le vendredi 2 octobre 2026 vers 9 h 15, aux abords du lycée Gustave-Courbet de Belfort, un policier en civil interpelle un jeune homme qu’il a isolé de la foule jusqu’à un cours d’eau : selon le procureur, celui-ci est « suspecté d’avoir débuté un incendie sur la zone herbeuse » près du lycée (franceinfo). Quelques minutes plus tard, le policier est frappé par un groupe ; cette agression est décrite dans l’affaire liée.

Des vidéos de l’interpellation, tournées juste avant, ont circulé : des internautes et un député estiment que le policier a tenté de « noyer » le jeune. Le procureur le conteste fermement : le policier l’a agenouillé, menotté puis relevé, et le jeune « est en bonne santé ». Ces images ont été authentifiées par le procureur (franceinfo). Le 4 octobre, le procureur ajoute que le jeune a été « plaqué face contre l’eau » dans un ruisseau de « dix-neuf centimètres en son endroit le plus profond », et que le lycéen, confronté aux images en garde à vue, a reconnu que le policier procédait à son interpellation et n’avait pas tenté de le noyer (franceinfo, ICI, La Libre).

StreetPress a reconstitué la séquence le 4 octobre. Sur la vidéo de la rivière, le policier maintient le lycéen des deux mains dans l’eau pendant une vingtaine de secondes pour tenter de le menotter ; selon StreetPress, ni les images ni les témoignages ne permettent d’affirmer que son visage était immergé, et le procureur parle de « deux secondes » dans l’eau, sans immersion du visage. Une médecin venue porter secours au policier blessé, après avoir annoncé sa qualité, affirme avoir été aspergée de gaz lacrymogène sans sommation par le second policier en civil, ce que confirment à StreetPress deux adultes présents et plusieurs élèves.

Le policier interpellant est en civil, seul au moment de l’interpellation, et appartient au renseignement territorial selon la presse ; le procureur et le ministre de l’Intérieur confirment qu’il est policier. Selon deux professeurs cités par StreetPress, trois policiers en civil, appareils photo autour du cou et matraques télescopiques à la ceinture, observaient depuis plusieurs jours les affrontements entre lycéens et CRS devant le lycée ; ce détail repose sur ce seul témoignage.

Suites

Le 4 octobre, l’avocat du lycéen interpellé dans la rivière annonce une plainte contre le policier pour tentative de meurtre et complicité par instigation (franceinfo, ICI, d’après l’AFP) ; France 2 (franceinfo) écrit que le lycéen a aussi déposé plainte contre le ministre de l’Intérieur pour complicité de tentative de meurtre : il affirme que la tête du jeune a été maintenue sous l’eau et que le procureur a menti. Le procureur maintient sa version, un ruisseau de dix-neuf centimètres au plus profond, et dit ne pas avoir connaissance de la plainte. Au 4 octobre, le dépôt effectif de cette plainte, son enregistrement par un parquet et une éventuelle saisine de l’IGPN n’étaient pas confirmés par une autorité dans les sources lues.

Le 5 octobre, franceinfo (Radio France) recueille l’avocat du lycéen de 17 ans, qui dit que le procureur « se comporte comme l’avocat du fonctionnaire de police », affirme qu’aucune enquête n’examine l’hypothèse d’une tentative de noyade et met en cause les déclarations de son client en garde à vue. Il affirme que le procureur « a menti » en disant n’avoir pas connaissance d’une plainte pour tentative de meurtre, alors qu’elle aurait déjà été déposée auprès de ses services et signée avant la conférence de presse du dimanche 4 octobre ; il dit que son client a pu donner en garde à vue son impression sur l’intention du policier sans en mesurer la portée, et maintient que sa tête a été immergée deux fois (franceinfo, 05/10). Le procureur, lui, avait cité en conférence de presse la déclaration du lycéen en garde à vue (« Je ne pense pas qu’il ait essayé de me noyer ») ; son éventuelle réponse n’est pas rapportée dans les sources lues. Cette version de l’avocat restait une allégation au 5 octobre ; l’enregistrement de la plainte est confirmé le 7 octobre (voir ci-dessous).

Le 6 octobre, le parquet général de Besançon indique que la plainte, visant le policier « et sa chaîne de commandement », a été transmise au parquet de Vesoul car l’enquête est susceptible d’impliquer un fonctionnaire de police habituellement en relation avec les magistrats du parquet de Belfort ; il précise que cette décision, « assez habituelle », ne présume en rien du sérieux des charges (20 Minutes, d’après l’AFP). Le 7 octobre, le procureur de Vesoul annonce l’ouverture d’une enquête pour « tentative de meurtre », confiée à l’IGPN, « afin de garantir l’impartialité objective de l’enquête » ; il précise que le lycéen, dans sa plainte déposée dimanche contre le policier et sa hiérarchie, l’accuse de lui avoir « maintenu la tête sous l’eau ». L’avocat du lycéen soutient que le policier a essayé de le noyer ; le lycéen de 17 ans est par ailleurs mis en examen pour « violences aggravées » sur ce policier et incarcéré, son avocat ayant fait appel de ce placement en détention provisoire (franceinfo, d’après l’AFP). La version du procureur de Belfort (ruisseau de dix-neuf centimètres, pas de tentative de noyade) n’est pas modifiée par ces annonces : l’enquête de l’IGPN doit la vérifier.

Le 14 octobre, selon Actu17, la plainte pour « tentative de meurtre » déposée par le lycéen contre le policier, dépaysée au parquet de Vesoul, reste confiée à l’IGPN ; aucune suite n’est rapportée à cette date. Le même jour, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon remet ce lycéen en liberté sous contrôle judiciaire dans l’affaire des coups portés au policier (voir l’affaire liée) ; son avocat y accuse le procureur de Belfort de l’avoir fait incarcérer « pour masquer le scandale de la tentative de noyade de ce jeune par un fonctionnaire de police », ce que le procureur n’a pas souhaité commenter (ICI).

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.