Le 1er octobre 2026 à 12 h 27 (UTC), la députée de Seine-Maritime Alma Dufour (LFI) publie sur X une vidéo de 47 secondes avec ce texte : « Au lycée Val de Seine de Grand-Quevilly, la police, sans identification, vise des ENFANTS à bout portant au lance-grenade. 3 blessés graves en 3 jours. » Le message ajoute : « J’ai demandé à la préfecture de Seine-Maritime de cesser l’usage des armes lourdes contre les lycéens. » Il s’agit d’une allégation d’une élue : elle ne précise ni la date des tirs, ni l’identité ou l’état des blessés, ni le lieu des « 3 blessés graves », ni le service de police concerné. Entre le 28 septembre et le 1er octobre, la presse a rapporté trois blessures graves de lycéens, mais à Saint-Ouen-l’Aumône (28/09), Tours (30/09) et Argenteuil (01/10) : le message ne dit pas si son chiffre renvoie à ces cas ; la fiche ne l’attribue donc pas au lycée Val-de-Seine.
La vidéo, que nous avons visionnée, montre des agents casqués, dont plusieurs avec un brassard rouge et des sacs à dos, en tenue sombre sans signe d’identité lisible, qui se tiennent sous des arbres face à un large rassemblement de jeunes à distance ; l’un d’eux porte sur le dos un objet long. Aucun tir, aucun blessé ni aucun projectile n’apparaît ; rien ne permet de situer la scène ni sa date.
France 3 Normandie et ICI confirment seulement que le lycée Val-de-Seine était bloqué le 1er octobre, avec « plusieurs centaines » de lycéens, des élèves confinés et la police sur place. Ces articles font état de deux proviseurs blessés dans d’autres lycées de l’agglomération. La préfecture de la Seine-Maritime fait état de cinq blessés parmi les forces de l’ordre et les personnels éducatifs à 13 h (France 3 Rouen, 01/10, mis à jour à 16 h 48), et de huit personnes blessées « sans précision » dans la version d’ICI mise à jour à 15 h 19 ; elle compte 23 interpellations depuis mardi dont 14 ce jour (France 3 Rouen), puis 38 dont 28 ce jour (ICI). Aucun de ces articles ne mentionne de lycéen blessé par un tir au Grand-Quevilly. ICI écrit qu’au lycée Val-de-Seine ce sont les « mêmes scènes » qu’au lycée cité juste avant (Galilée, à Franqueville-Saint-Pierre, où il mentionne des œufs et des pétards jetés), avec un blocage et des élèves confinés ; la formule ne précise pas ce qui s’est passé au Val-de-Seine. Aucun fait de violence précis commis par des manifestants au lycée Val-de-Seine n’a été trouvé dans les sources lues.
Ce qui manque pour confirmer
- Un média ou une autorité qui confirme au moins un élève blessé par un tir au lycée Val-de-Seine (date, nature de l’arme, blessure) : aucun trouvé.
- La date et le lieu de la vidéo, et le lien entre ses images et l’allégation.
- La réponse de la préfecture à la demande de la députée, de la police ou du rectorat ; une plainte ou une saisine de l’IGPN : aucune trouvée (recherches du 2026-10-04).
- Ce qu’ont fait les manifestants avant d’éventuels tirs (projectiles ?) : non documenté.
