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Forces de l'ordre → personnes

À Mulhouse, une jeune femme de 17 ans perd définitivement l'œil gauche en marge de la manifestation ; l'IGPN saisie

Le 17 octobre à Mulhouse, une jeune femme de 17 ans perd l'œil gauche après un choc ; des témoins citent un tir de lacrymogène de la police. Le parquet a saisi l'IGPN d'une enquête de flagrance.

Date
17 octobre 2026
Lieu
Mulhouse (68)
Contexte
Manifestation
Suite judiciaire
Enquête en cours

Les violences (2)

  1. Forces de l'ordre → personnesAlléguéMutilation

    Selon des témoins cités par Politis, une cartouche de lacrymogène tirée « à tirs tendu » par des policiers situés à « 50 ou 80 mètres » frappe la jeune femme à l'œil ; France 3 écrit qu'elle a été blessée par un tir de grenade lacrymogène. Le parquet de Mulhouse ne précise ni le projectile ni le tireur : il parle d'« un choc reçu à l'œil ». La gravité vient du parquet : malgré une intervention chirurgicale en urgence, « la perte de son œil gauche est définitive ». Selon le récit de ses proches recueilli par Politis, elle se trouvait dans le centre-ville quand elle est tombée sur la manifestation ; une élue d'opposition à la mairie de Mulhouse dit qu'elle n'y participait pas.

    Grenade · Jeune femme de 17 ans

  2. Forces de l'ordre → personnesAlléguéBlessure légère

    Selon des témoins cités par Politis, alors que la blessée est soignée par des passants et ses amies dans un coin sans issue, la police envoie de nouveau du gaz lacrymogène sur leur petit groupe (« Ils ont lancé des gaz lacrymogènes sur nous pendant qu'on essayait de la soigner »). Le parquet ne mentionne pas ce fait ; aucune autre source lue ne le décrit. Gravité : celle du geste décrit (gaz lacrymogène sur le groupe, selon des témoins cités par Politis), aucun effet du gaz n'étant décrit.

    Gaz / matraquage · Personnes qui secouraient la blessée

Établi : reconnu par un magistrat, une vidéo authentifiée par un média ou un constat médical. Allégué : dénoncé, ni confirmé ni démenti. Contesté : dénoncé, puis démenti par une autorité.

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Le samedi 17 octobre 2026, l’Union syndicale des lycéens avait appelé, comme plusieurs organisations, à rejoindre ce jour-là la « grande manifestation » des « gilets jaunes » (dépêche AFP du 14 octobre, reprise par Sud Radio). À Mulhouse, jour de mobilisation nationale « contre la vie chère » (ICI), environ 1 000 personnes manifestent selon le parquet (franceinfo). Dans son communiqué du 18 octobre, le procureur de la République de Mulhouse décrit la journée : « Un groupe d’environ 400 personnes se dirigeait en direction de la gare vers 16h30 pour tenter d’envahir le bâtiment » ; dans ce secteur, les forces de l’ordre « utilisaient de moyens lacrymogènes pour protéger les voyageurs » et « subissaient des prises à partie directes et le jet d’artifices pyrotechniques » ; une partie du groupe se dirige ensuite vers le centre-ville commerçant, où les forces de l’ordre font de nouveau usage de lacrymogènes « face à la tentative de pillage de plusieurs commerces » (ICI, France 3). La préfecture du Haut-Rhin écrit dans son bilan provisoire du samedi soir que « les premiers débordements ont éclaté vers 16 heures » et que ce bilan « ne comprend pas les éléments issus des services de secours ou d’urgence sur des blessures éventuelles parmi les manifestants » (DNA).

C’est dans ce contexte qu’une jeune femme de 17 ans est gravement blessée à l’œil. Selon le parquet, « à 17h50, une première information au centre d’information et de commandement faisait état d’une femme prise en charge par les pompiers et grièvement à l’œil » (ICI) ; « malheureusement, malgré l’intervention chirurgicale réalisée en urgence, la perte de son œil gauche est définitive », ajoute le procureur. ICI rapporte qu’à la suite d’un choc reçu à l’œil, elle a souffert d’un enfoncement du plancher orbital. Le parquet ne dit pas quel projectile l’a atteinte ni qui l’a tiré : France 3 écrit qu’il confirme une blessure liée « à un choc reçu à l’œil » sans préciser les circonstances exactes, et L’Alsace : « On ne sait pas la nature du projectile en cause. »

Politis a recueilli plusieurs témoignages. Selon son récit, la blessée et ses amies, qui se trouvaient vers 16 h 30 près de la Porte Jeune, « tombent sur la manifestation ». Une amie raconte : « C’était calme, il se passait rien, juste de la musique. […] Et j’ai vu la police qui, d’un coup, a lancé du gaz. […] La police a encore jeté tout plein de gaz et l’un est tombé sur l’œil de ma copine. » Un témoin direct dit à Politis : « Les flics étaient à 50 ou 80 mètres. Je les ai vus tirer à tirs tendu, alors qu’ils n’ont pas le droit, ils sont censés tirer en l’air. J’ai vu la cartouche grise taper dans l’œil de la gamine et quand ça a touché le sol, la lacrymo est sortie. » Une autre amie confirme : « Ce qu’elle a reçu, c’est les trucs de lacrymogène. » France 3 titre sur « un tir de grenade de gaz lacrymogène » ; dans le corps de son article, le procureur ne précise pas les circonstances. Politis dit avoir consulté une vidéo tournée à 16 h 55 où la blessée est assise contre une grille, la main sur l’œil ; cette vidéo n’a pas pu être consultée ici.

Les circonstances de lieu et d’heure ne sont pas établies. Le direct des DNA écrit à 17 h 12 que les affrontements entre casseurs et forces de l’ordre « se sont déplacés dans le secteur de la Porte-Jeune, au centre-ville », puis à 18 h 01 qu’environ 1 300 personnes ont défilé dans le calme « avant que 150 à 200 casseurs ne fassent dégénérer la situation, d’abord devant la gare puis dans le secteur de la Porte-Jeune ». L’Alsace écrit que les faits se sont déroulés « vers la Porte-Jeune, peu avant 18 h » ; le parquet situe à 17 h 50 la première information reçue au centre de commandement ; Politis fait commencer son récit vers 16 h 30 et cite une vidéo de 16 h 55 ; franceinfo écrit que la jeune femme a été prise en charge par les pompiers « vers 22h », là où ICI et France 3 rapportent 17 h 50. Les coordonnées de la fiche sont celles de la Porte Jeune, citée par Politis et L’Alsace, faute de lieu plus précis.

Selon Politis, la blessée et ses amies se réfugient dans un coin sans issue ; des passants tentent de désinfecter l’œil et d’autres filment, ce qui recrée un regroupement ; « Ils ont lancé des gaz lacrymogènes sur nous pendant qu’on essayait de la soigner », dit une témoin. Aidée par des manifestants, la jeune femme est emmenée par un camion de pompiers. Politis écrit que la préfecture, interrogée, confirme la blessure grave d’une manifestante et renvoie vers les autorités judiciaires ; six personnes ont été placées en garde à vue après la mobilisation (Politis), dix interpellations ayant eu lieu à Mulhouse selon la préfecture (DNA).

Suites

Le dimanche 18 octobre, le parquet de Mulhouse saisit la délégation de l’IGPN de Metz « d’une enquête de flagrance pour violences aggravées » ; les investigations, sous la direction du parquet, seront « complexes compte tenu de l’importance du nombre de personnes présentes et du caractère extrêmement difficile des opérations de maintien de l’ordre qui ont été menées » (franceinfo, ICI). Politis écrit que c’est le procureur « de Metz » qui l’a informé de cette saisine et qu’il lui a dit qu’il était encore impossible de déterminer quel projectile avait atteint le visage de la jeune femme ; ICI, France 3 et franceinfo écrivent que c’est le procureur de la République de Mulhouse qui a saisi la délégation de l’IGPN de Metz, version retenue ici. Selon Politis, la famille a lancé un appel à témoins et entend porter plainte. Une élue d’opposition à la mairie de Mulhouse parle d’un drame « insupportable » (Politis). Aucune mise en cause d’un agent n’est rapportée au 2026-10-19.

Sources

Forces de l'ordreManifestantsLes deuxPersonnesBiens seulement

Fiche mise à jour le 19 octobre 2026.