Le jeudi 8 octobre 2026, un rassemblement de lycéens et d’étudiants se tient place de la Bastille, à Paris. Selon le ministère cité par RTL, lors des dispersions « des incidents ont pu se produire comme ce fut le cas place de la Bastille ».
Une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux puis par BFMTV, montre un attroupement de manifestants entourés de forces de l’ordre qui emmènent un manifestant. Un policier d’une compagnie d’intervention, spécialisée dans le maintien de l’ordre selon BFMTV, lui porte un coup de genou dans le visage, puis le manifestant est plaqué au sol et menotté. D’après BFMTV, la scène a lieu à la fin de la manifestation, au moment de la dispersion, quand les forces de l’ordre cherchaient à pousser les manifestants vers le boulevard Diderot, en direction de la place de la Nation. Une vidéo de Paris Match, diffusée sur TikTok et reprise le 9 octobre sur un compte X, montre la scène sous un autre angle : le manifestant est tenu par plusieurs policiers puis se retrouve au sol, des policiers à genoux sur lui ; les sous-titres rapportent des voix qui disent « Il y a du sang partout ! » et « Il lui a mis un coup de genou dans la tête ! ». Le manifestant, ensuite menotté et debout, le sweat clair, dit « Je n’ai rien fait ! » et « J’étais assis », et une voix demande d’appeler un médecin. La vidéo d’origine n’a pas pu être identifiée.
Interrogée par BFMTV, la préfecture de police déclare : « tout l’après-midi les forces de l’ordre ont été visées par une minorité d’individus extrêmement violents. Concernant cette action, une enquête administrative sera diligentée. »
Suites
Le vendredi 9 octobre, le parquet de Paris annonce avoir saisi d’initiative l’IGPN d’une enquête en flagrance pour « violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec incapacité de travail supérieure à 8 jours lors d’une manifestation sur la voie publique », après la diffusion de la vidéo « semblant montrer un effectif des forces de l’ordre donner un coup de genou à un manifestant » (RTL, franceinfo). Selon le parquet, c’est la cinquième enquête de ce type confiée à l’IGPN par le parquet de Paris dans le cadre du mouvement lycéen (RTL, franceinfo).
Au 9 octobre, la qualification de l’enquête du parquet mentionnait une incapacité de travail supérieure à 8 jours ; c’était le chef d’enquête choisi, pas un constat d’ITT, et aucune des sources lues ne décrivait alors l’état du manifestant (état du 10 octobre : voir plus bas).
Le 10 octobre, RMC rapporte que l’homme visé par le coup de genou a déposé plainte la veille. Il y explique avoir reçu plusieurs coups de matraque, notamment sur le crâne et la jambe droite, puis un coup de genou au visage qui « l’empêchait de respirer et lui faisait perdre connaissance » ; selon son récit, il a aussi été la cible d’insultes à caractère raciste et de menaces de mort (récit de sa plainte, non confirmé par une autorité dans les sources lues). Selon RMC, le médecin qui l’a examiné a relevé deux plaies du cuir chevelu de 4 cm, refermées par sept agrafes, ainsi qu’une douleur au tibia et au genou droit. Une enquête pour « violence par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’IGPN, et une enquête administrative de la préfecture de police étaient déjà ouvertes (RMC). La gravité retenue (« Blessure grave ») vient de la perte de connaissance qu’il décrit dans sa plainte ; le constat médical rapporté par RMC (plaies du cuir chevelu, sept agrafes) ne la mentionne pas, et la qualification d’ITT supérieure à 8 jours reste celle de l’enquête du parquet.
Selon RMC, cet homme a lui-même été placé en garde à vue pour « participation à un attroupement » et « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », et il est convoqué ultérieurement pour être jugé en janvier. Cette poursuite relève d’une autre procédure : les sources lues ne décrivent pas le geste qui lui est reproché, et la fiche ne retient aucun fait à ce titre. Dans l’article d’ICI (Radio France) mis à jour le 13 octobre, son avocat dit sur franceinfo qu’il est « en état de choc » et souffre de « pas mal de vertiges » et demande : « Est-ce qu’un usage de la force de ce type était nécessaire ? »
