Le jeudi 8 octobre 2026, la manifestation lycéenne de Bordeaux, qui a réuni plusieurs milliers de personnes, se déroule dans le calme selon Rue89 Bordeaux. Vers 16 heures, un groupe d’individus aux visages masqués et cagoulés prend pour cible le poste de police du quartier des Capucins.
Selon le procureur de la République de Bordeaux, cité par France 3, le groupe amoncelle des poubelles devant la porte d’entrée et y met volontairement le feu ; l’incendie se propage rapidement à toute une partie de la façade. Trois fonctionnaires de la police nationale se trouvaient à l’intérieur et ont pu s’échapper par une issue de secours située à l’arrière. Les articles ne disent pas si le poste est resté utilisable ni ce que sont devenus les dégâts à l’intérieur.
Le parquet ouvre aussitôt une enquête, confiée à la division de la criminalité territoriale de la DIPN de Gironde, pour « destruction d’un bien par un moyen dangereux pour les personnes, commise en raison de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique de son propriétaire ou utilisateur » et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens, lors d’une manifestation sur la voie publique » ; les auteurs encourent vingt ans de réclusion criminelle (France 3, Rue89 Bordeaux). Rue89 Bordeaux ajoute que le parquet décrit un groupe de plusieurs dizaines d’individus et qu’un tag a été bombé sur la façade, désignant le lycéen grièvement blessé au visage par un tir de lance-grenade à Saint-Ouen-l’Aumône. Selon France 3, ce poste avait déjà été pris pour cible lors des mobilisations de 2023 contre la réforme des retraites.
Aucune interpellation pour cet incendie n’est rapportée dans les sources lues. Les auteurs ne sont pas identifiés : la fiche ne dit pas s’ils sont lycéens.
Suites
Le 9 octobre, selon actu Bordeaux, le procureur de la République de Bordeaux indique que, d’après les premiers éléments de l’enquête de flagrance, les manifestants savaient que des policiers se trouvaient à l’intérieur et que les auteurs ont voulu dégrader le lieu mais ont aussi « essayé d’attenter volontairement à la vie des fonctionnaires de police présents dans le bâtiment ». Il détaille ce que les auditions des trois policiers ont permis d’établir : l’un, en uniforme à l’extérieur, a tenté de déplacer un véhicule et a été « pris à partie et poursuivi par un groupe d’individus » ; les deux autres ont été « contraints de se réfugier à l’intérieur » du poste « en raison du nombre important de personnes hostiles qui leur faisait face et du feu nourri des projectiles qu’ils recevaient » ; des individus ont alors « amoncelé des poubelles devant la porte du local afin d’en condamner l’accès puis y ont mis volontairement le feu, sans pouvoir ignorer que plusieurs fonctionnaires de police se trouvaient encore à l’intérieur ». Le parquet a requalifié les faits en « tentative d’homicide volontaire aggravés sur fonctionnaires de la police nationale dans l’exercice de leurs fonctions » ; les auteurs encourent la réclusion criminelle à perpétuité (actu Bordeaux). Le feu a pu être maîtrisé et les auteurs ont pris la fuite dans des ruelles (actu Bordeaux). La préfète de la Gironde et l’adjointe à la sécurité de la mairie de Bordeaux condamnent ces actes ; la seconde dit à actu Bordeaux que « ce commissariat n’est jamais vide et même s’il l’était, rien ne justifierait cette violence ». Aucune interpellation n’est rapportée dans les sources lues au 19 octobre.
