Le lundi 5 octobre 2026 dans la soirée, le compte X des Jeunes insoumis de la Fensch Vallée, groupe de jeunes de La France insoumise, publie une vidéo de 12 secondes titrée « Metz, 5 octobre ». Selon ce compte, un policier y « bloque une lycéenne en lui touchant les cheveux et la poitrine » ; il parle d’« agression sexuelle » et de « répression violente ».
La vidéo, filmée en plein jour devant un abribus, montre un homme en civil (casquette, sweat à capuche noir) assis par terre contre la paroi vitrée. Il maintient au sol une jeune fille allongée sur le dos, les jambes sur les siennes, en lui tenant les poignets à hauteur du buste ; à un moment sa main passe près de la tête de la jeune fille. Il regarde autour de lui pendant que des passants marchent au second plan. Rien, à l’image, n’identifie l’homme comme policier (ni brassard ni insigne visibles) : c’est le compte qui le présente ainsi. La vidéo, courte et en partie masquée par la main de la personne qui filme à la fin, ne permet pas de distinguer de geste sur la poitrine, ni de savoir ce qui a précédé.
Le même jour, selon France 3 Grand Est, environ 300 lycéens et étudiants ont manifesté dans le centre-ville de Metz ; des gaz lacrymogènes ont été lancés, la vitre d’un abribus a été brisée et, de source policière, 17 interpellations avaient eu lieu à 16 h 30. Aucune source ne rattache ces éléments à la scène de la vidéo.
Suites
Le mardi 6 octobre, le parquet de Metz ouvre une enquête et saisit l’IGPN, avec l’appui de l’Office anti-cybercriminalité, après la diffusion virale de la vidéo (Actu17, 20 Minutes) ; l’homme en civil est un policier, que le procureur nomme « fonctionnaire de police ». Selon le procureur, la jeune fille, interpellée le lundi, a été placée en garde à vue pour « dégradations » et « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » (Actu17, d’après franceinfo). Entendue par l’IGPN le 6 octobre, elle réfute tout acte de violence et toute agression sexuelle ; son représentant légal, entendu aussi, n’a pas porté plainte ; le policier a déposé plainte pour diffamation et un syndicat de police dénonce un « lynchage médiatique » (Actu17). Les investigations se poursuivent, notamment pour identifier l’auteur de la diffusion de la vidéo, et « une décision sera prise sur la base de la transmission au parquet de l’entière procédure d’enquête ».
Les deux versions sont donc publiées : l’accusation portée par les comptes qui ont diffusé la vidéo, et la déclaration de la jeune fille rapportée par le procureur. Le lieu exact (l’abribus n’est pas situé : les coordonnées sont celles du centre de Metz) et l’heure restent inconnus.
