Le lundi 5 octobre 2026, jour de mobilisation lycéenne à Dunkerque (Nord), des tensions ont lieu dans le secteur de la Basse-Ville, très concentrées selon France 3. Au total, huit personnes, toutes mineures, ont été interpellées dans la ville ce jour-là selon la préfecture (France 3).
Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, tournée sous plusieurs angles, montre un 4x4 de la police nationale se diriger à vive allure vers des manifestants, à quelques centaines de mètres du lycée privé Vauban. France 3 et le service Les Révélateurs de France Télévisions l’ont examinée le 7 octobre et confirment qu’il s’agit d’une même scène, récente, située à Dunkerque. Au passage du véhicule, plusieurs jeunes s’enfuient en courant ; le 4x4 heurte une barrière de chantier et un plot, entre dans la rue du Fort-Louis, recule vite et repart. France 3 précise que les images ne montrent pas l’intention du conducteur.
Sur l’une des vidéos, selon France 3, on entend un policier crier, alors que le véhicule est encore arrêté à côté de lui : « allez, approchez, on va leur mettre dans la gueule là ». Sur une autre, un jeune insulte les policiers après le passage de la voiture. France 3 ne dit pas de qui vient cette phrase au-delà de « un policier » : la fiche la rapporte comme un propos entendu, non comme un fait établi.
La vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), « choquée », dit que l’organisation collecte des témoignages pour saisir les rapporteurs spéciaux des Nations unies ; pour elle, les véhicules ne font pas partie des armes que les forces de l’ordre peuvent employer pour disperser une foule (position d’une association). Une responsable du Syndicat des commissaires de police nationale (SCPN) dit à France 3 que « ce n’est clairement pas l’usage des véhicules de police » et rappelle que le cadre d’emploi de l’armement intermédiaire est précis, tout en précisant qu’elle n’a pas vu les vidéos et que la responsabilité relève de l’IGPN et des magistrats. Aucune saisine de l’IGPN, aucune plainte ni réaction de la préfecture ne sont rapportées dans l’article de France 3 lu au 7 octobre.
Suites
Le 9 octobre, ICI (Radio France, avec un témoignage recueilli par France Inter) donne la parole à l’homme qui a filmé la scène, un passant qui se trouvait avec un client dans le quartier de l’église Saint-Martin. Il dit que les jeunes avaient installé des poubelles au milieu de la route, qu’il n’y avait « pas de mortier » et « pas d’armes », qu’ils « n’étaient pas violents envers les policiers », et qu’il a vu « tout le monde courir pour s’enfuir » quand le 4x4 a accéléré ; il a publié la vidéo sur TikTok, où elle a été vue plus de 200 000 fois selon ICI. Selon ICI, la version officielle est que les policiers sont allés dégager le barrage de poubelles alors qu’il n’y avait plus personne derrière, ce que les images contredraient, d’où l’ouverture d’une enquête disciplinaire dans un premier temps, suivie d’une enquête du procureur de la République de Dunkerque (ICI).
Le soir du 9 octobre, ICI Nord rapporte, d’après le parquet de Dunkerque, qu’une adolescente de 14 ans et son représentant légal ont déposé plainte : elle affirme que le véhicule de police, en reculant, l’a heurtée sans qu’elle tombe ; examinée à l’hôpital le lundi en fin de journée, elle y a présenté une « contusion sans gravité » à la hanche et est sortie après l’examen. Le parquet précise que les investigations se poursuivent : recherche de témoins, exploitation des images de vidéosurveillance de la ville utiles pour identifier les faits dénoncés, examen médico-légal de la victime. Il rappelle qu’une enquête avait été ouverte pour « mise en danger d’autrui » après la diffusion de la vidéo et qu’une enquête disciplinaire a été lancée (ICI Nord).
BFMTV (via Orange, 9 octobre) cite une adolescente du même âge, aux mêmes faits et examinée le même jour (les deux articles ne disent pas expressément qu’il s’agit de la même personne) : « d’un seul coup, en me tournant, j’ai vu qu’il reculait vers moi. Il m’a percuté à la hanche et sur le haut de la jambe. Je me suis retrouvée au sol » ; une amie dit l’avoir vue « se faire renverser », le policier au volant s’étant arrêté, ayant regardé dans son rétroviseur puis « redémarré à toute vitesse » (récits de deux adolescentes, noms modifiés par le média). BFMTV écrit qu’elle a été « légèrement blessée à la jambe et à la hanche » et conduite à l’hôpital le jour même, que la préfecture du Nord a confirmé l’ouverture d’une enquête administrative en estimant que la manœuvre « ne correspond pas aux doctrines d’emploi et d’orientation données par le ministère de l’Intérieur », et que la procureure de la République a ouvert une enquête préliminaire pour « mise en danger de la vie d’autrui » (ICI et le communiqué du parquet qu’il cite parlent de « mise en danger d’autrui »). Le média décrit aussi des extraits sonores « dont l’authenticité reste à vérifier » où des policiers tiendraient des propos provocateurs.
Ce qui reste inconnu : l’état des autres personnes qui se trouvaient sur la trajectoire du véhicule et la suite des enquêtes. Lu le 2026-10-09 puis le 2026-10-19 : ICI (témoin, plainte), France 3 (article du 7 octobre), BFMTV via Orange. La Voix du Nord (accès refusé, 403) n’a pas pu être lue.
