Le 3 octobre 2026 au soir, un compte X publie le témoignage filmé d’une lycéenne, visage flouté, avec le texte incrusté « la seule chose qui rend les blocus dangereux c’est la police ». Elle y raconte, face caméra, la dispersion d’un blocus.
« On a entre 14 et 17 ans », répète-t-elle : dans leurs sacs, des trousses et des stylos ; face à eux, des matraques et des bombes lacrymogènes. Selon elle, les policiers ont chargé et gazé « tout le monde », et non quelques personnes qui « faisaient n’importe quoi » ; il y avait « de la fumée partout », des jeunes tombaient et ne parvenaient pas à se relever. « Je suis asthmatique », dit-elle : elle n’arrivait plus à respirer, a cru mourir et affirme qu’elle se serait évanouie si on ne l’avait pas aidée. Elle montre ses yeux encore irrités.
Ce témoignage est publié tel qu’elle le livre. Les citations sont tirées d’une transcription de la vidéo.
Recherche d’une dispersion avec gaz au lycée Paul-Éluard début octobre (4 octobre) : aucune n’a été trouvée dans les sources lues. Europe 1 (29/09) décrit au lycée Paul-Éluard plusieurs charges de CRS face à des centaines d’élèves et des grenades lacrymogènes tirées après des jets de pavés et un tir de mortier, avec au moins deux interpellations : c’est le 29 septembre, pas début octobre. L’Humanité (01/10) écrit que la préfecture a fermé Paul-Éluard pour la journée du 1er octobre et que le rassemblement des lycées de Saint-Denis, ce jour-là, s’est tenu au lycée Suger dans une ambiance plutôt joyeuse, malgré un important dispositif de gendarmes et de policiers ; un professeur de Suger y rappelle des gaz lacrymogènes tirés « à un ou deux mètres » des élèves le lundi (28 septembre). Le Parisien du 1er octobre titre sur une colère des lycéens qui « éclate face aux CRS » à Saint-Denis, mais l’article n’a pas pu être lu. Rien ne permet donc de dater le témoignage, ni de le rattacher à Paul-Éluard.
Ce qui manque pour confirmer
- Le lieu et la date : elle ne les cite pas. Les mots-clés du message désignent le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, mais le même compte a utilisé ces mots-clés pour une vidéo filmée à Toulouse ; la date retenue ici est celle de la publication.
- Une source indépendante sur cette dispersion : média, autorité, autre témoin. Des gaz lacrymogènes sont documentés à Paul-Éluard le 29 septembre (Europe 1) et à Suger le 28 septembre (témoignage d’un professeur cité par L’Humanité), mais aucune source lue ne relie le témoignage à l’une de ces scènes.
- Un constat médical de ses difficultés respiratoires.