Une internaute publie sur Instagram une vidéo « prise le 2 octobre à 11 h 20 » depuis un balcon, relayée sur X le 3 octobre. Filmée d’en haut, elle montre d’abord un cortège de jeunes remontant une rue pavée traversée par le tramway, puis des policiers casqués, certains avec boucliers, qui courent sur le cortège ; des jeunes s’enfuient, plusieurs sont plaqués et maintenus au sol. Les enseignes visibles situent la scène avenue des États-Unis, à une centaine de mètres de la place de Jaude.
Dans son texte, l’autrice de la vidéo affirme que tout y est illégal : charge « sans sommation préalable » sur des manifestants « qui ne font que manifester (qui plus est, des lycéens de 15/17 ans) », interpellations de jeunes qui fuient et plaquages au sol, coups de matraques et de boucliers, gaz lacrymogène, et une jeune fille poussée « violemment dans le dos à plusieurs reprises ».
Selon Seven Radio, des heurts ont éclaté ce matin-là entre manifestants et forces de l’ordre sur la place de Jaude vers 11 h, et trois interpellations ont été effectuées au cours de la matinée selon les autorités ; l’article ne décrit pas cette scène en particulier.
Le 2 octobre, la presse locale décrit le même parcours sans évoquer cette charge. ICI Pays d’Auvergne (Radio France) rapporte, à 10 h 38, des « affrontements entre lycéens et forces de l’ordre » place de Jaude et trois interpellations selon la police nationale. La Montagne note, dans son direct, que les premières grenades lacrymogènes ont été lancées vers 10 h 40 rue Montlosier. Dans son bilan du soir, La Montagne écrit que le cortège s’est déplacé entre le boulevard Montlosier, l’avenue des États-Unis et les rues voisines jusqu’à la place Delille vers 16 h, que de petits incendies ont été allumés avenue des États-Unis et boulevard Lavoisier, et que policiers et gendarmes ont « à de nombreuses reprises » répliqué par des jets de gaz lacrymogène « lorsque les manifestants se sont rapprochés ». RVA, qui reprend le bilan de la préfecture du Puy-de-Dôme, parle de 15 interpellations dans le département, de feux de poubelles, de tirs de mortiers, de projectiles et de barricades, imputés par la préfecture à « des individus masqués » joints aux cortèges. Ces articles confirment l’usage de gaz lacrymogène et la présence du cortège sur l’avenue des États-Unis ce jour-là ; aucun ne décrit une charge à 11 h 20, des plaquages au sol, des coups ni une jeune fille poussée, et aucun ne reprend le grief d’absence de sommations. La préfecture ne s’est pas exprimée sur la vidéo dans les sources lues.
Ce qui manque pour confirmer
- Une source indépendante (média, autorité) sur cette charge précise : la presse lue (La Montagne, ICI, RVA, Seven Radio) confirme des heurts, du gaz lacrymogène et le cortège avenue des États-Unis, mais ne décrit pas la scène filmée.
- La version de la préfecture du Puy-de-Dôme : sommations, motif de la charge, éventuels jets de projectiles avant elle.
- Le nombre et l’état des jeunes plaqués au sol ou poussés.
