Dans un communiqué sur les journées des 1er et 2 octobre 2026, l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM, groupe d’observateurs lié à la Ligue des droits de l’Homme) rapporte, selon Le Poing, qu’au lycée Mermoz, « où un départ de feu avait été signalé le 1er octobre », des policiers de la BAC « seraient entrés dans l’établissement et auraient tiré du gaz depuis l’intérieur ». Le même article indique que la police municipale, munie notamment de boucliers, a chargé des manifestants aux abords du lycée. Le Poing ne dit pas, le 5 octobre, lequel des deux jours est concerné ; les articles parus du 12 au 16 octobre datent du 1er octobre, jour de blocage de Mermoz, la charge de la police municipale (voir plus bas).
Contexte attribué : le 1er octobre, selon ICI Hérault et Hérault Tribune, des jeunes ont brûlé des poubelles et jeté des pierres près de Mermoz, et les forces de l’ordre ont répliqué au gaz lacrymogène dans le quartier Antigone ; une bénévole de l’OLM présente devant Mermoz y dit avoir constaté « beaucoup de gazage ». Ces sources ne décrivent ni l’entrée de policiers dans le lycée ni une charge de la police municipale ; leurs faits ne sont pas rattachés ici à cette scène. Mermoz est l’un des six établissements fermés par la préfète le 2 octobre (France 3 Occitanie).
Suites
Le 12 octobre, l’observatoire publie un rapport qui range « le recours quasi-systématique à la police municipale » parmi les « dispositifs de maintien de l’ordre préoccupants » ; Le Poing (12 octobre), qui en rend compte, et Midi Libre (13 octobre) situent au jeudi 1er octobre, devant le lycée Mermoz, une « charge de dispersion, dirigée par la BAC, avec la participation intégrée de la police municipale » : une dizaine de policiers municipaux sont présents, deux unités casquées, boucliers à l’avant, « se joignent à la charge » en courant sur plusieurs dizaines de mètres, sur fond de gaz lacrymogène, et, vers 11 h 14, une nouvelle charge de dispersion est décrite avec les policiers nationaux de la BAC. L’observatoire écrit que la BAC a dirigé la police municipale « à plusieurs reprises » et que des policiers municipaux masquaient leur visage lors de la manifestation du 6 octobre (Le Poing, d’après le rapport). Une photographie d’un reporter de Radio France, publiée par ICI Hérault, montre des agents de la police municipale près des halles Jacques-Cœur le 1er octobre.
Version de la mairie : le 6 octobre, lors du conseil municipal, le premier adjoint, chargé de la sécurité, répond à une élue qui le questionne que « la police municipale n’est en rien concernée » et qu’elle était présente devant Mermoz « pour prévenir de tout accident devant le carrefour », les protections étant « des équipements de protection » ; il dit ensuite que la charge est intervenue alors que « des jeunes ou des casseurs défonçaient la porte d’entrée des halles Jacques-Cœur, un bâtiment municipal », et qu’il « n’y a pas une image où un policier municipal s’en prend à un manifestant » (Le Poing, Midi Libre). À ICI Hérault (16 octobre), il dit avoir diligenté une enquête administrative et réfuter toute action de maintien de l’ordre : les policiers étaient « en statique » devant Mermoz et sont intervenus quand on les a informés qu’un groupe essayait d’entrer dans les halles. Le secrétaire général de la fédération nationale des policiers municipaux de l’Hérault et du Gard dit à ICI qu’un chef de police municipale qui demanderait à ses agents du maintien de l’ordre « commettrait une infraction », tout en admettant que la frontière avec le « bon ordre » est ténue. Les textes cités par Le Poing réservent le maintien de l’ordre à l’État ; la fiche ne tranche pas entre les deux lectures des images.
L’entrée de policiers de la BAC dans le lycée et le gaz tiré depuis l’intérieur ne sont décrits par aucun des articles lus du 12 au 16 octobre : ce premier fait reste une allégation de l’observatoire, relayée par Le Poing le 5 octobre. Aucune plainte ni saisine de l’IGPN n’est rapportée.