Le mardi 29 septembre 2026, des élèves bloquent le lycée Blaise-Cendrars à Sevran. Selon StreetPress, qui rapporte des témoignages d’élèves, de parents et de professeurs, le rassemblement était « calme » et « pacifique » jusqu’à 9 h 30, quand un feu de deux cartons et de trois canettes est éteint par un policier ; l’arrivée de policiers à cheval crée alors un mouvement de panique, des gaz lacrymogènes sont lancés et trois élèves sont placés en garde à vue.
Selon le récit d’une parente d’élève rapporté par StreetPress, elle aurait été encerclée par deux chevaux, poussée à avancer et frappée de coups de botte dans le dos avant de s’effondrer en crise d’asthme. Selon plusieurs témoins cités par StreetPress, des policiers auraient lancé des insultes, dont un prénom moqueur adressé à un élève noir (ces faits ne sont établis par aucune autre source lue). Deux mères disent avoir porté plainte (selon Le Monde, cité par StreetPress). Un lycéen, placé en garde à vue, raconte avoir été plaqué au sol par quatre policiers, l’un d’eux lui mettant un genou sur le crâne, avoir reçu un coup de poing et s’être blessé à la jambe en tombant ; il est convoqué au tribunal pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique (StreetPress).
Le 29 septembre à 16 h 38 (UTC), la députée de la circonscription, Clémentine Autain, écrit sur X avoir saisi le préfet de police ; elle dit tenir de « plusieurs sources » une « course des jeunes par la police dans tout Sevran », trois gardes à vue, « un tir de flash ball dans les jambes d’une représentante de parents d’élèves alors qu’une chaîne humaine se formait pour protéger les jeunes » et de nombreuses insultes de policiers envers des jeunes et des personnels éducatifs (allégations d’une élue). Elle raconte au Nouvel Obs un rassemblement « bon enfant » et un feu éteint avec une chaussure, puis une course-poursuite à l’arrivée de la police montée ; elle relaie la blessure d’un adolescent ayant reçu des coups aux genoux, dont les parents auraient déposé plainte. Selon StreetPress, le lycéen placé en garde à vue rapporte aussi qu’un policier lui a dit dans la voiture : « Si j’avais le flash-ball chargé, je t’aurais tiré dessus » (propos rapportés par lui seul).
Version de la préfecture de police : les jeunes auraient tenté de dégrader la grille, brûlé des détritus et jeté des projectiles et des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre, notamment la brigade équestre ; aucune insulte n’a été portée à sa connaissance. Elle reproche aux trois gardés à vue des tirs et jets de mortiers. Le ministre de l’Intérieur a dit, dans un communiqué cité par StreetPress, que les forces étaient intervenues dans les établissements « avec discernement, proportionnalité et maîtrise de la force ».
Suites
L’IGPN a été saisie de faits commis à Sevran, annonce le ministre de l’Intérieur le 30 septembre (TF1 Info) ; il n’en a pas détaillé le motif (Le Nouvel Obs). L’IGPN a indiqué à l’AFP avoir été saisie d’une enquête (StreetPress). Pour ICI (02/10), c’est une deuxième saisine de l’IGPN, mardi, après qu’un élève a reçu un tir de LBD dans les jambes devant le lycée. Deux mères disent avoir déposé plainte (Le Monde, cité par StreetPress). Le nombre exact de personnes blessées n’est établi dans aucune des sources lues : la fiche ne le chiffre pas.
Dans la version mise à jour le 13 octobre de son point sur les enquêtes confiées à l’IGPN, ICI (Radio France) précise que deux d’entre elles concernent des faits survenus en Seine-Saint-Denis et cite le procureur de la République de Bobigny, qui dit au journal Le Monde (article non lu, accès payant) : « Sont allégués un coup par un fonctionnaire à cheval, une insulte et un tir de LBD reçu sur la cuisse de l’une des plaignantes ». Le même article d’ICI écrit qu’« à Sevran le jeudi 1er octobre, un élève qui manifestait devant le lycée Blaise-Cendrars a reçu un tir de LBD dans les jambes », une date et une description de la personne touchée qui diffèrent de celles retenues ici (29 septembre ; un élève ou une représentante de parents d’élèves selon les sources) : les sources ne permettent pas de trancher.
